18 octobre 2007
Combattre l’islam politique ?
Comment ne pas être inquiet face à la multiplication des hidjab dans l’espace public alors qu’il y a une dizaine d’années on n’en voyait quasiment pas ? Comment ne pas se sentir agressé par la soudaine apparition de voiles intégrales comme la burqa et le tchador ? En ce sens, les propositions de Riposte laïque se veulent la réponse aux inquiétudes légitimes de nombre de nos concitoyens. Malheureusement, ce n’est pas en s’attaquant au port du voile dans l’espace public qu’on mettra un terme à l’offensive de l’islam politique en Europe. Car ce serait s’attaquer aux conséquences du problème alors qu’il faudrait tout au contraire s’attaquer aux causes. Au lendemain du 21 avril 2002, croyait-on vraiment que c’est en interdisant le FN (comme on l’a entendu entre les deux tours) qu’on allait réellement stopper la montée de l’extrême droite en France ? S’attaquer aux problèmes liés à l’insécurité n’était-elle pas la seule manière de faire durablement barrage à l’extrême droite ? Ces problèmes étaient bien réels et pourtant tabous comme tout ce qui touchait de prêt ou de loin à l’immigration ! Comment alors s’étonner du résultat dans les urnes ?
Qui est allé mettre dans la tête des jeunes de banlieues que « pour être une bonne musulmane il faut porter le voile », si ce n’est les islamistes eux mêmes à qui notre Etat irresponsable a parfois accordé l’asile politique ? Ne faudrait-il pas commencer par expulser définitivement du territoire les prédicateurs radicaux comme Hani Ramadan et interdire toute organisation islamiste sur le sol Français à commencer par l’UOIF ? Ne faudrait-il pas mettre les élus face à leur responsabilité devant une situation qui devient de plus en plus explosive ? Dans le même temps, sélectionner les candidats à l’immigration en fonction de leur attachement sincère à nos valeurs démocratiques et laïques à défaut de leur ADN ne serait-il pas indispensable ?
D’autre part, l’extrémisme a toujours fait sa lie sur la misère
humaine et l’islamisme ne déroge pas à cette règle. N’en déplaise aux
théoriciens du racisme anti-musulman, la charia n’est pas inscrite, par
fatalité, dans la tête de tous les musulmans. D’ailleurs, comment
expliquer l’apparition de l’islam politique en France dans les années
90 alors que les premières vagues d’immigration musulmane remontent aux
années 60 ?
Si l’islamisme trouve un écho favorable dans les banlieues, n’est-ce
pas parce que l’Etat a abandonné ces quartiers au chômage et à la
délinquance laissant ainsi le champ libre aux islamistes qui se sont
empressés d’y diffuser leur poison ?
Si il existe dans les banlieues des bandes qui ne se complaisent que
dans l’ultra-violence, n’y a-t-il pas aussi des jeunes qui eux sont
désolidarisés des délinquants et demandent seulement à être pleinement
acceptés en tant que Français à part entière ? Mais ces jeunes ne
subissent-ils pas de plein fouet les discriminations à l’emploi et au
logement ? Désespérés, ne sont-ils pas susceptibles de répondre aux
sirènes de l’islamisme de la même manière que des français de souche,
abandonnés à leur souffrance, se laissent parfois séduire par l’extrême
droite qui a su, elle aussi, s’approprier astucieusement les problèmes
abandonnés par d’autres ? La laïcité ne repose-t-elle pas aussi sur des
principes d’égalité et de fraternité qu’il est temps de réaffirmer ?
Faut-il vraiment laisser un Tariq Ramadan dire que l’unité de la République est « un mythe et un mensonge » à des jeunes pour qui les beaux principes de la République sonnent faux ?
Relancer l’ascenseur social et redonner un véritable sens à nos
principes d’égalité et de fraternité ne permettrait-il pas de barrer
définitivement la route à l’islam politique ? Le résultat des récentes
élections au Maroc ne nous a-t-il rien appris ?
Caroline Brancher
Source : http://www.gaucherepublicaine.org/,article,1728,,,,,_Combattre-lrislam-politique.htm